Portrait écrit il y a bien longtemps. Un an peut-être. Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas publié à l’époque.
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Hexagone
Renaud.
Renaud Séchan…. mais au Renaud des débuts !
C’est ce Renaud là que tu m’évoques. Tu as régulièrement ce petit sourire en coin, malin. L’air de faire un clin d’oeil sans cligner des yeux. La cibiche au bout des doigts, le verbe facile et le coeur d’artichaut.
Le jean, le cuir. Ne te manque plus que le bandana.
Tu me fais aussi penser à Renaud Séchan par tes coups de gueule et cette vie un peu écorchée, un peu arrachée, à la limite de l’autodestruction parfois dans tes relations.
Tu as ce côté nerveux qui me fait préférer être dans ton camp que dans le camp adverse. Tes coups de gueule m’inquiètent parfois. Tes coups de coeur m’émoeuvent tant ils contrastent avec les premiers.
Je n’ai pas envie que tu souffres. Même si je sais d’expérience que c’est souvent dans la douleur qu’on extrait la substance de la vie. Tu te penses doué pour le malheur, et tu y fonces volontiers la tête la première.
Rarement j’ai ressenti avec autant d’acuité cette différence culturelle. Oh ne crois pas que je me place en dessus de toi. Oui, j’ai une culture classique que tu n’as pas, et même mes pauvres références cinématographiques semblent dépasser les tiennes. Mais tu as développé d’autres mondes qui me sont totalement inconnus et dans lesquels tu me fais faire des incursions par le biais de liens échangés ici ou là.
Je te suis reconnaissante des mondes que tu me fais découvrir.
Même si tu as pu avoir cette impression, je ne snobe pas ta culture. Je ne te regarde pas de haut… loin de là. Je sais que tu es brillant. Je te l’ai dit, je te le répète volontiers, je sais que ça nourrit ton égo… et ça ne mange pas de pain.
Je suis bon public et tu remportes chez moi un beau succès d’estime.
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Quelqu’un qui aime les chats ne peut pas être fondamentalement méchant.
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Tu es quelqu’un de bien, Mister Renaud, tu es quelqu’un de bien. Et je pense que c’est pour ça que tu existes encore dans ma vie.
En revanche, j’ignore totalement pourquoi j’existe encore dans la tienne. Je ne sais pas. J’aimerais bien le savoir… mais pas au point de te le demander franco. J’aime autant le deviner… ou alors laisser cette relation s’affadir ou s’affirmer. Qui sait ?
Nous verrons bien. Je crois que nous n’en avons pas encore fini l’un avec l’autre. L’un envers l’autre. J’espère que nous avons d’autres rencontres à venir. Tu verras pourquoi.
Pour en revenir à toi, puisque c’est ton sujet préféré, je te dois beaucoup. Plus que ce que tu peux imaginer. Tu es un grain de sable dans les rouages… mais comme le train que j’avais pris s’engageait dans des territoires infiniment monotones, je pense que ce détournement sur une voie inconnue est préférable au fait de s’enfoncer lentement sur une voie de garage.
Je te dois des territoires inconnus. Je ne sais si tu peux lire entre les lignes… ce que je n’exprimerai pas, parce que, comme aux premiers temps de notre rencontre, il y a des choses que je ne peux pas dire, des mots qui ne franchiront pas mes lèvres, je ne sais si tu comprends. Parfois je crois que tu lis en moi comme dans un livre ouvert… mais ensuite je me rends compte que tu simplifies trop, par excès de confiance. Tu as encore l’âge de penser que tu peux tout comprendre.
Enfin, si tu sais ce que j’attends, si tu l’as compris, je pense que tu sauras pourquoi je couve encore de grandes espérances. Ce dont la vie m’a privé jusqu’ici, tu pourrais me l’apporter, avant que j’y renonce à jamais.
Ces paysages me plaisent beaucoup. Et ça serait bien de pouvoir les visiter en ta compagnie.
Mais, quoi qu’il en soit,
Merci.
p.s. Pourquoi Renaud ? Aussi parce que je suis sûre que tu chantes aussi mal que lui).